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| Dorothée Gazard, la candidate du Bénin compte briguer ce poste |
Le Pr Dorothée Akoko Kindé Gazard du Bénin, le Dr Fatoumata Nafo
Traoré du Mali, le Dr Matshidiso Moeti du Botswana, le Dr Jean-Marie
Okwobele de la République démocratique du Congo et enfin le Pr Thérèse
Aya N’dri Yoman de la Côte-d’Ivoire ; voilà les cinq aspirants à la
succession du Dr Luis Gomez Sambo à la tête de la direction régionale
Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Le processus de
désignation qui a été enclenché depuis le lundi dernier s’achèvera ce
jour en fin de matinée. En cette matière, l’Oms a une tradition qu’il
convient d’exposer.
Le processus de sélection en question
Après l’appel à candidatures fait par le Dr Margaret Chan, directrice
générale de l’Oms, les Etats intéressés ont déposé les candidatures de
leurs citoyens en juin dernier. N’ayant pas reçu plus de cinq candidats,
le processus pouvait prendre son envol notamment par les entrevues avec
les candidats. C’est une étape cruciale qui permet aux électeurs de
jauger des capacités techniques et professionnelles ainsi que des
aptitudes des aspirants au poste.

Le 7ème paragraphe de l’article 52 dispose que les entrevues consistent
en un exposé sur un sujet librement choisi par le candidat. Chaque
entrevue est limitée à 60 minutes, soit 30mn pour l’exposé oral du
candidat et 30mn pour la phase des questions-réponses.

L’ultime étape, le vote proprement dit, qui aura lieu dans la matinée de
ce jour consacrera le sacre du successeur du Dr Luis Gomez Sambo. Le
candidat qui recueille le moins de voix est éliminé au fur et à mesure
jusqu’à ce qu’un candidat obtienne la majorité requise. Le nom de la
personne désignée sera soumis au Conseil exécutif de l’Oms qui aura lieu
en janvier 2015 en Suisse et qui devra entériner l’élection avant
l’entrée en fonction le 1er février 2015.
Que vaut Kindé Gazard dans le starting block ?
Sur le plan intellectuel, c’est la mieux capée de tous les candidats.
Bardée de diplômes dans le domaine de la médecine, elle a toutes les
compétences professionnelles requises pour accéder à cette fonction.

Sur le plan de la gestion et de l’expérience, son parcours force
l’admiration. En effet, elle fut médecin chef, chef de clinique,
directrice du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp),
présidente du comité national de coordination du Fonds mondial pour la
lutte contre le Vih/Sida, le paludisme et la tuberculose, ministre de la
santé à deux reprises. Lentement mais sûrement, elle a gravi tous les
échelons dans son domaine et espère à présent tenir les rênes de l’Oms
pour le compte du continent pour les cinq prochaines années. Depuis une
vingtaine d’années, elle arpente les couloirs de cette institution et
participe régulièrement depuis trois ans à toutes les assemblées
mondiales consacrées au secteur de la santé. Bien connue des milieux
internationaux, c’est à juste titre qu’elle nourrit l’ambition de
poursuivre son ascension.

Sur le plan politique, comme chacun le sait, elle n’est membre d’aucun
parti politique et cela lui confère l’aptitude nécessaire pour se
prononcer en toute neutralité. D’ailleurs, sa présence au gouvernement
se justifie par le lobbying des partenaires techniques et financiers.

Ces atouts qui font d’elle le meilleur profil pour occuper le poste de
la direction régionale Afrique de l’Oms ne suffisent pas. Il lui faut
également compter sur certains appuis pour augmenter ses chances. Et sur
ce terrain aussi, ses arguments ne sont pas négligeables. Le soutien de
Bill Gates, l’un des grands décideurs de ce monde et de l’Allemagne, un
des grands financiers de l’Oms ne lui font pas défaut. Distinguée par
la prestigieuse université américaine Harvard et le Rotary
international, elle sait pouvoir compter sur leurs lobbys respectifs
tout comme sur celui du clergé catholique. Awa Coll Seck, ministre de
la santé du Sénégal, par ailleurs présidente de la 64ème session du
comité régional de l’Oms pour l’Afrique, ancien coordonnateur de
l’Onusida compte parmi ses alliés de taille. Malgré la présence de deux
autres candidates dans la région ouest africaine, elle pourra compter
sur l’appui de plusieurs pays de l’espace Cedeao.

Alors, 10 délégations ayant manqué à l’appel sur les 47 attendues, il
reste à espérer que toutes ces considérations l’emportent afin que la
majorité des 37 votants présents au Bénin se prononce en faveur de sa
candidature.
Moïse DOSSOUMOU