La
croissance économique et le bien-être matériel collectif vont généralement de
pair. «À court terme, il est assez peu discutable que la croissance économique
détermine le niveau du bien-être social. Si la croissance est faible, le
chômage augmente, les revenus ont tendance à stagner, les contraintes sur la
consommation deviennent plus fortes et, au total, le niveau de bien-être est en
moyenne plus faible que dans les périodes de croissance forte de l’économie et
des revenus», a expliqué Marie Odile Attanasso, Enseignant Chercheur à l’Ecole
Nationale d’Economie Appliquée et de Management
de l’Université d’Abomey-Calavi (Eneam/Uac) lors d’une formation des
journalistes en octobre dernier au palais des congrès de Cotonou.
A l’en croire, la croissance correspond, pour une nation, à une augmentation soutenue et durable pendant une période suffisamment longue de la production de biens et de services appréhendée par des indicateurs comme le Pib (Produit intérieur brut) ou le Pnb (Produit national brut). Cependant, n'étant qu'une mesure quantitative d'un agrégat économique, la croissance n'est qu'une des composantes du développement qui est une notion plus abstraite et qualitative. Il peut donc y avoir croissance sans développement et inversement du développement sans croissance.
A l’en croire, la croissance correspond, pour une nation, à une augmentation soutenue et durable pendant une période suffisamment longue de la production de biens et de services appréhendée par des indicateurs comme le Pib (Produit intérieur brut) ou le Pnb (Produit national brut). Cependant, n'étant qu'une mesure quantitative d'un agrégat économique, la croissance n'est qu'une des composantes du développement qui est une notion plus abstraite et qualitative. Il peut donc y avoir croissance sans développement et inversement du développement sans croissance.
La notion de bien-être
Selon la communicatrice, le bien-être est une
notion complexe. Sa définition est différente d’un dictionnaire à l’autre, mais
elle fait généralement intervenir les concepts de prospérité, de santé et de
bonheur. Le bien-être n’est pas chiffrable avec précision. Il existe des
indicateurs numériques qui permettent de mesurer les différentes composantes du
bien-être. Mais lorsque les différents indicateurs n’évoluent pas dans la même
direction, il n’est pas possible de déterminer si le bien-être s’améliore ou se
dégrade, à moins que tous les indicateurs utilisent la même unité.
Prise en compte d’autres
composantes du bien-être
Les déterminants du bien-être individuel et
collectif ne se limitent évidemment pas à la production et à la consommation de
ressources économiques. Plusieurs pistes ont donc été explorées dans le but
d’étendre les agrégats des comptes nationaux à divers autres aspects qui
présentent un intérêt pour les individus et pour la collectivité.
Indicateurs non monétaires du
bien-être
«Pour
compléter l’évaluation du bien-être, on utilise des indicateurs fournissant des
informations sur certaines de ses composantes. Des facteurs sociaux comme
l’autonomie, l’équité, la santé et la cohésion sociale entrent en jeu dans le
bien-être. L’autonomie est mesurée à travers le taux total d’emplois, la
proportion de la population appartenant à un ménage dont aucun membre n’exerce
un emploi, le nombre moyen d’années d’études et le résultat moyen des enfants
scolarisés à l’âge de 15 ans. Tous ces facteurs influent sur la possibilité,
pour l’individu, de s’assurer un niveau de vie décent», explique-t-elle.
Selon
elle, pour mesurer l’équité, on peut se fonder sur l’inégalité des revenus, les
taux de pauvreté relative, la pauvreté des enfants et l’écart de salaire entre
les femmes et les hommes. En général, un Pib élevé par habitant est associé à
une plus grande équité telle que mesurée par ces indicateurs, bien que la
corrélation soit faible pour l’écart de salaire entre les femmes et les hommes.
Importance du Pib
Selon la communicatrice, une personne dont les
revenus sont élevés peut plus facilement s’offrir un niveau de vie élevé qu’un
individu dont les revenus sont maigres. «Ce qui est vrai pour l’individu l’est
aussi pour une économie. Quand on veut savoir comment tourne l’économie, il est
naturel de regarder le revenu total généré par l’ensemble de la population.
C’est précisément ce que fait le Pib», a-t-elle ajouté.
• le PIB fait appel : à la production de biens
et services par les entreprises et des comptes des administrations, aux valeurs
ajoutées réalisées à l'intérieur d'un pays par l'ensemble des branches
d'activité auxquelles on ajoute : la Tva et les droits de douane
Le facteur démographique
Le facteur démographique est une variable
importante à prendre en compte pour la détermination du bien-être. Il joue un
des rôles les plus importants dans le processus économique contribuant à la
détermination du rythme de la croissance économique et du niveau du bien-être. Réciproquement,
ce qui se passe dans l'économie a des conséquences sur les processus
démographiques. «En effet, l’indicateur de niveau de vie qu’est le Pib est
influencé par le nombre de personnes dans la mesure où on considère souvent le
Pib par tête. De plus, la création de richesse au niveau national dépend du
nombre et de la qualité des hommes. Toutefois, la croissance démographique peut
avoir sur la croissance économique d’un pays aussi bien un effet positif qu’un
effet négatif», a ajouté la communicatrice.
Effets négatifs de la démographie
sur la croissance économique
Selon la communicatrice, le rajeunissement de
la population nécessite un certain nombre de dépenses (nourriture, éducation,
santé). La croissance démographique exige donc des détours d’investissement,
freinant ainsi la croissance économique. «A long terme, cela favorise
l’augmentation de la population active. L’offre de travail est ainsi élevée que
la demande. Ce phénomène empêche la fixation d’un taux de salaire assez élevé
pour développer le marché intérieur, donc limite la croissance du niveau de vie
et celle de la production», a-t-elle précisé.
Effets positifs de la démographie
sur la croissance économique
A en croire le professeur Marie-Odile
Atanasso, la croissance démographique exerce une «pression créatrice». Lorsque
la croissance démographique est forte, la population est incitée à faire preuve
d’imagination pour prendre en charge les habitants supplémentaires. «Une forte
croissance démographique se traduit par un rajeunissement de la population, ce
qui peut constituer un atout pour le développement. Dès lors, certaines
activités "gourmandes" en facteur travail comme l’industrie textile,
les activités de montage, voire de services peuvent être attirées par cet
avantage relatif que constitue une main-d’œuvre bon marché», a-t-elle indiqué. Cependant,
une population nombreuse est aussi le gage d’un marché intérieur de grande
taille, permettant aux entreprises qui y écoulent leur production d’obtenir
rapidement des économies d’échelle, donc d’en tirer des profits.
Evolution de la pauvreté au Bénin
Au
dire de la communicatrice, contrairement à la pauvreté monétaire qui a connu
une évolution avec un niveau relativement élevé, la pauvreté non monétaire
focalisée sur les conditions d’existence a connu une tendance à la baisse
continue et conséquente depuis 2006. «Après avoir enregistré une baisse de 2,3
points de pourcentage entre 2006 et 2009, l’incidence de la pauvreté monétaire
a augmenté de 1 point de pourcentage entre 2009 et 2011. Il s’est établi à
36,2% en 2011 contre 35,2% en 2009 et 37,5 en 2006. Quant à la pauvreté non
monétaire axée sur les conditions d’existence, elle a touché 29,5% des
individus en 2011 contre 44,1% en 2006 soit une baisse de 14,6 points de
pourcentage montrant ainsi l’amélioration des conditions de vie des ménages et
par la même occasion, l’effort du Gouvernement dans l’amélioration de
l’accessibilité aux infrastructures de base (eau, santé et énergie électrique)»,
a-t-elle indiqué..
Le Revenu National Brut
Selon la définition de la communicatrice, le
revenu national brut (Rnb) correspond à la somme des revenus des résidents
d’une économie sur une période donnée. «Le Rnb par habitant (anciennement le
Pnb par habitant) est le revenu national brut, converti en dollars américains
au moyen de la méthode Atlas de la Banque mondiale, divisé par la population en
milieu d'année. Il est égal au Pib, diminué des revenus primaires à payer par
les unités résidentes à des unités non résidentes et augmenté des revenus
primaires à recevoir du reste du monde», a-t-elle expliqué. Ainsi, la
croissance économique et le bien-être matériel collectif sont intimement liés
pour déterminer les conditions de vie d’une population donnée.

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